10
mar

Le Toubabou Show


Il y a quelques billets de cela, j’ai promis de vous faire entendre des extraits de l’émission que ma blonde et moi avons créée et animée lors de notre passage à Radio Jamana, à Koutiala.

Voici un montage audio de quelques minutes qui vous donnera une idée des sujets que nous avons pu aborder.

Comme j’ai dû enregistrer l’émission avec les moyens du bord, la qualité sonore n’est pas extraordinaire et je tiens à m’en excuser auprès de vos oreilles. (Ça sonne tout de même mieux que si ça sortait d’un récepteur radio africain !)

 

CatastrophiqueMoyenBonExcellentSurhumain
Loading ... Loading ...
04
mar

Radio Jamana, la suite


Tel que promis, je vous fais entendre le thème d’ouverture d’une autre émission que nous avons animée, ma copine et moi, ainsi que d’autres jingles (ou ritournelles, en français) que nous avons produits pour Radio Jamana lors de notre séjour à Koutiala.

Pour concevoir ces jingles, nous n’avons pas hésité à utiliser tout ce qui se trouvait autour de nous, incluant les voix de nos « nièces » africaines, Anna et Aoua, ainsi que quelques animaux de ferme…

Nous avons aussi puisé dans la culture malienne en créant, entre autres, un jingle qui taquine un peu les gens qui portent le nom Coulibaly. Ce nom de famille est très courant là-bas, un peu comme les Tremblay au Québec, ce qui fait qu’on s’en moque facilement et qu’ils sont les premiers à en rire.

           

CatastrophiqueMoyenBonExcellentSurhumain
Loading ... Loading ...
27
fév

Maouloud ou la mort de Jimmy le vieux coq


Connaissez-vous le Maouloud ?

Je vais supposer que vous avez répondu non à cette question et vous expliquer brièvement de quoi il s’agit.

Le Maouloud est une fête célébrée une fois l’an par les musulmans et dont la fonction première est de souligner la naissance du prophète Mahomet.

Une autre de ses fonctions est de permettre aux gens de s’acheter une poule, un coq ou même une chèvre qu’ils pourront égorger pour ensuite le ou la faire cuire avant de le ou la manger.

Cette année, Maouloud avait lieu le 26 février. Pour l’occasion, les Dembélé, cette sympathique famille qui nous héberge à Koutiala depuis trois semaines déjà, se sont procurés trois vieux coqs.

Trois nouveaux arrivants se sont donc ajoutés, pour quelques jours, à la liste des animaux présents dans la cour familiale et qui se résume à peu près à ceci : cinq ou six chèvres, trois ou quatre poules et une dizaine de pigeons.

Je me suis tout de suite lié d’amitié à l’un de ces trois coqs qui se démarquait par son style flamboyant et son chant « pavarottesque ». À un point tel que je l’ai affectueusement baptisé Jimmy.

Malheureusement, Jimmy et moi n’avons pas eu le temps d’apprendre à nous connaître puisque, 24 heures après son arrivée, quelqu’un – ne me demandez pas qui – l’a égorgé en même temps que ses deux comparses que j’avais pris la peine de baptiser Bob et Mike.

Quelques heures après ces terribles évènements, Jimmy est revenu dans ma vie, ou plutôt dans mon assiette, confortablement installé sur un « lit » de patates frites.

Ai-je eu le courage de manger Jimmy ? Me demanderez-vous.

… (points de suspense)

La réponse est oui et sachez, chers lecteurs et lectrices, que je l’ai fait sans aucun remord. Manger un bon poulet rôti, si Jimmy soit-il, m’a permis de varier un peu mon alimentation qui, ces jours-ci, est essentiellement constituée de riz accompagné de sauces diverses.

Malgré cette absence de remord au moment d’ingérer mon ami à plumes, qui les avait perdues quelques heures auparavant, n’allez pas croire que sa disparition me laisse indifférent. Ce billet n’a d’autre but que de lui rendre hommage.

Sans plus attendre, recueillons-nous sur sa photo tout en écoutant son chant!

 

CatastrophiqueMoyenBonExcellentSurhumain
Loading ... Loading ...
19
fév

Radio Jamana


Nous voilà maintenant à Koutiala, deuxième ville industrielle du Mali, située à 420 km de Bamako, la capitale.

Cela fait presque deux semaines que nous y sommes et si quelqu’un se hasardait à me demander pourquoi ma douce moitié et moi avons choisi cette destination, je lui répondrais sûrement que, il y a trois ans, je suis venu dans cette ville pour y faire de la coopération et j’ai tellement aimé les gens que j’ai décidé d’y revenir!

À l’époque, mon travail consistait à donner des formations aux animateurs d’une des stations de radio locales, Radio Jamana.

Je n’y suis resté qu’une petite semaine, mais j’ai eu tellement de plaisir avec les gens de la radio que l’envie d’y revenir pour y habiter pendant un moment a continué de me trotter dans la tête pendant les trois dernières années.

Malgré le fait que nous soyons officiellement en vacances, ma copine et moi avons décidé de donner un coup de pouce aux gens de Radio Jamana en créant des jingles, des thèmes et autres identifications sonores qui peuvent leur être utiles.

Nous avons même commencé à animer une émission déjà existante, Le Dessert Musical , et avons aussi créé une toute nouvelle émission qui permettra aux gens de Koutiala de découvrir le Québec et ses habitants: Le Toubabou Show! (NDLR: Le terme toubabou est utilisé dans certains pays d’Afrique de l’Ouest pour désigner l’étranger ou le blanc)

Je vous laisse le plaisir de découvrir quelques-uns des thèmes et jingles que nous avons enregistrés cette semaine et, au cours de mes prochains billets, je vous ferai entendre quelques extraits de notre fameux Toubabou Show!

   

CatastrophiqueMoyenBonExcellentSurhumain
Loading ... Loading ...
12
fév

Balais sans manches


Youssouf passe le balai

Youssouf passe le balai


Un jour, ou peut-être était-ce une nuit – je ne dispose
malheureusement pas de cette information – quelqu’un a inventé le manche à balai. Il a ensuite fait le tour de la Terre pour en informer tous ses habitants.

Dans sa grande tournée, notre inventeur a oublié de s’arrêter au Mali, ce qui fait qu’encore aujourd’hui, les Maliens utilisent des balais sans manches.

Un balai sans manche implique qu’il faut se pencher, sans plier les genoux, pour bien se défaire le dos et, accessoirement, enlever les saletés qui se trouvent sur le sol.

Après avoir testé moi-même ledit balai sans manche, il m’apparaît maintenant évident qu’au Mali, les fabricants de balais sont de mèche avec l’Ordre des chiropraticiens.


CatastrophiqueMoyenBonExcellentSurhumain
Loading ... Loading ...
08
fév

Frottez-vous le bout doucement !


Le Mali, comme bien d’autres pays d’Afrique, contient beaucoup de sable et de poussière.

Ce sable et cette poussière sont constamment charroyés par le vent, le va-et-vient des véhicules ainsi que les bas de pantalons trop longs.

Dans ces conditions, il est extrêmement difficile de garder ses vêtements propres pendant plus de 15 minutes, une fois qu’on a passé le cadre de la porte.

Comme je suis atteint de cette terrible maladie qu’est le perfectionnisme, mon séjour en Afrique est une excellente thérapie où j’apprends à accepter que les gens et les choses, dont les vêtements que je porte, ne peuvent être parfaits.

Je me promène donc avec des chaussures pleines de sable rouge, un pantalon arborant fièrement une ou deux taches de tigadèguèna, une sauce très grasse faite d’arachides que l’on verse sur le riz,  et un beau col de chemise jauni ou bruni, dépendamment de la couleur d’origine de celle-ci, sans trop me faire de souci.

Mais il arrive parfois que le petit perfectionniste qui sommeille en moi se réveille et veuille faire disparaître certaines taches qu’il considère comme disgracieuses.

Il y a quelques jours, j’ai justement été pris par un de ces élans de propreté et ma Douce Moitié m’a suggéré d’utiliser le crayon chasse-taches qu’elle avait mis dans nos bagages.

Quoique le machin semblait simple d’utilisation, j’ai tout de même décidé de lire le mode d’emploi avant de partir à la chasse aux taches et je dois dire que je n’ai pas été déçu !

À un point tel que j’ai décidé de partager la chose avec vous en prenant la photo que voici :

Instructions pour le "Stain Remover Stick"

"Stain Remover Stick"

Après réflexion, j’ai choisi de ne pas suivre le mode d’emploi.


CatastrophiqueMoyenBonExcellentSurhumain
Loading ... Loading ...
04
fév

De l’importance de la légalisation du décrottage de nez en saison sèche


Me voilà en train d’écrire ces quelques lignes sous un arbre sanankorobien. (Je ne crois pas que cet adjectif existe vraiment, mais je l’utilise quand même parce que ça situe l’action et ça fait propre)

Bien que je sois pris d’une quinte de toux, ma voix est de retour au bercail, ce qui me permet, à nouveau, de saluer systématiquement tous les êtres vivants que je croise.

Donc, me voici sur une chaise avec, derrière moi, un arbre et trois jeunes Maliens scrutant chacun des mots que je couche sur le papier.
(NDLR : L’action de scruter est réservée ici aux jeunes Maliens, elle n’implique en aucune façon l’arbre susmentionné.)

L’un d’eux s’appelle Alassane et se met à dessiner des trucs sur le sol. Il dessine quelques animaux ou sokonobagan, comme on le dit en bambara, puis il me dessine et termine par un dessin de ma Douce Moitié, maintenant connue sous le nom de Ramatoulaï Sacko, dite Matou, puisqu’elle vient tout juste de recevoir son « baptême » malien.

Je remercie le garçon pour ses dessins et lui explique que je dois retourner à mon écriture, mais qu’il pourra revenir plus tard pour faire d’autres dessins.

Ce qui m’amène enfin à vous expliquer le titre de ce billet : « De l’importance de la légalisation du décrottage de nez en saison sèche ».

Au Mali, la saison sèche débute approximativement vers la mi-octobre et se termine en juin. Je dis approximativement parce que, depuis quelques années, le climat est « un brin » déréglé, mais aussi parce que d’un Malien à un autre, les dates peuvent changer !

Mais ceci importe peu et ce qui compte vraiment, c’est de savoir que pendant cette période, les muqueuses nasales s’assèchent à la vitesse de la lumière et que, comme le pays est poussiéreux et plutôt pollué, les narines sont rapidement obstruées.

Il est alors nécessaire d’en faire le ménage régulièrement pour ne pas être obligé de respirer uniquement par la bouche ou encore de mourir asphyxié.

Les gens d’ici n’ont donc aucune pudeur à se récurer le nez en public. Il faut comprendre que le nez se remplit tellement vite que s’il fallait qu’il se mette à l’écart chaque fois qu’il doit le nettoyer, le bon peuple malien passerait la moitié de ses journées isolé !

Bien sûr, tout ceci n’est que supposition puisque ma pudeur québécoise m’empêche non seulement de me décrotter le nez en public, même en saison « chèsse », mais aussi d’aborder le sujet avec les gens d’ici.

Toutefois, pour appuyer ma thèse, voici une photo sur laquelle je vous laisse méditer.

.


CatastrophiqueMoyenBonExcellentSurhumain
Loading ... Loading ...
01
fév

Meurtre à Sanankoroba ou La mort de Cindy la coquerelle


Après quelques jours passés à Bamako, nous prenons la route – à moins que ce ne soit l’inverse ? – pour Sanankoroba , un village situé à une trentaine de minutes de la capitale.

Comme j’ai encore mal à la gorge et que ma voix n’est toujours pas revenue, je me dis que l’air de la campagne ne peut que faire du bien à mon corps.

Pour notre séjour là-bas, nous sommes hébergés chez la famille Kanté qui a gentiment accepté de nous prêter une sympathique petite maison située à quelques pas de leur concession.

La famille est composée de Jolie, une jeune femme qui joue le rôle de chef de famille, de 6 autres filles : Fatoumata, Sacko, Diallo, Koumba, Samaké et Makono, ainsi que deux jeunes hommes : Coco et Yacouba.

Au lendemain de notre première nuit passée au village, nous constatons avec effroi que quelqu’un a tué Cindy, la coquerelle que nous tentions d’apprivoiser depuis notre arrivée.

Elle avait élu domicile dans la maisonnette à une date inconnue et nous faisait plutôt bonne impression puisqu’elle ne semblait pas intéressée à envahir les Ziplocs à bobettes contenus dans nos sac à dos.

Malheureusement, nous n’aurons pas eu le temps de nous lier d’amitié ni même de commencer cette fameuse partie de UNO dont nous avions tant parlée la veille.

À première vue, il semble que le crime aurait pu être commis à l’aide d’un objet plat et large, fait de caoutchouc et mesurant une vingtaine de centimètres.

Malgré ces premiers indices, l’identité de l’auteur de cet abominable crime n’est toujours pas connue au moment d’écrire ces lignes, mais ma détermination à démasquer ce bourreau des insectes n’aura d’égale que celle d’Alexandre le Grand lorsqu’il a voulu annexer la ville de Longueuil à l’île de Montréal !

Je joins donc à ce billet de la plus haute importance, une photo de la scène du crime, en espérant que quelqu’un saura y trouver des indices supplémentaires qui pourraient m’aider à résoudre ce mystère.

.


CatastrophiqueMoyenBonExcellentSurhumain
Loading ... Loading ...
27
jan

Bamako: À perte de voix


Un long périple comporte toujours – ou presque – son lot de problèmes d’ordre physique et il faut savoir en rire si l’on ne veut pas que ces quelques inconvénients ne viennent ternir l’ensemble du voyage.

Nous voilà donc arrivés à Bamako, la capitale du Mali, depuis trois jours lorsque ma voix prend, sans même me consulter, la décision de foutre le camp !

Il est vrai que nous avons visité deux ou trois fois les marchés de Médina-Coura et Bamako-Coura qui sont un brin poussiéreux et légèrement pollués par les divers véhicules qui y circulent.

Il n’est également pas faux d’ajouter que le médicament que je prends quotidiennement pour réduire le risque de me taper une crise de paludisme, maladie que l’on appelle malaria chez les anglophones, doit me rentrer un tantinet dans le système immunitaire.

Quoi qu’il en soit, n’allez pas croire que je suis en train de jouer les victimes car je suis bien content d’être ici, mais comme j’ai besoin de ma voix pour travailler et saluer les 13 millions de Maliens que je croise quotidiennement dans la rue, j’ai décidé d’organiser un événement d’envergure internationale pour régler mon problème.

Écoutons ce que j’ai enregistré le soir où mon organe phonateur a décidé de déclencher la grève…

 

CatastrophiqueMoyenBonExcellentSurhumain
Loading ... Loading ...