Au clair de la Lune
Après avoir passé deux semaines à Paris, ma douce et moi avons repris la route pour visiter un coin du Pays de la Loire que l’on appelle les Mauges.
Les 63 communes que compte cette petite région de l’ouest de la France sont situées dans un triangle formé par les villes de Nantes, Angers et Cholet. C’est dans l’une de ces communes, Le Fief-Sauvin, que nous avons pu élire domicile pendant deux semaines, et ce, tout à fait gratuitement, grâce à la sympathique famille Cailleau.
En discutant avec le papa de notre famille d’accueil, Bernard, nous avons appris qu’il faisait partie d’une chorale entièrement masculine, La Chorale des Doux Hommes. Une répétition devait avoir lieu dans les prochains jours et nous y étions, bien sûr, invités.
Nous nous sommes donc présentés à ladite répétition et j’en ai profité pour enregistrer quelques chansons dont une très belle version de Au clair de la Lune.
C’est alors que j’ai appris avec un certain étonnement, je dois l’admettre, que les paroles de cette chanson sont loin d’être aussi enfantines qu’elles en ont l’air!
Voici le texte de présentation que j’ai trouvé dans le cahier de chansons d’un des membres de la chorale:
« Cette chanson écrite au 18e siècle sur l’air d’une contredanse en vogue (qui s’appela d’abord La Rémouleuse puis En roulant ma brouette) n’a pas été écrite pour les enfants. Son contenu à double sens la classe dans la catégorie des chansons libertines : « battre le briquet » étant, à cette époque, une expression populaire et imagée désignant les ébats amoureux.
À travers des termes comme « lubin » (moine dépravé), chandelle, battre le briquet, le dieu d’amour ou la métaphore de la porte qui se ferme, la version originale présente déjà de nombreux sous-entendus qui n’en font pas forcément une chanson enfantine.
Rallumer le feu lorsque la chandelle est morte en allant voir la voisine qui bat le briquet : on ne peut être plus explicite sur les soucis et les attentes de l’aimable lubin! »





