Maouloud ou la mort de Jimmy le vieux coq
Connaissez-vous le Maouloud ?
Je vais supposer que vous avez répondu non à cette question et vous expliquer brièvement de quoi il s’agit.
Le Maouloud est une fête célébrée une fois l’an par les musulmans et dont la fonction première est de souligner la naissance du prophète Mahomet.
Une autre de ses fonctions est de permettre aux gens de s’acheter une poule, un coq ou même une chèvre qu’ils pourront égorger pour ensuite le ou la faire cuire avant de le ou la manger.
Cette année, Maouloud avait lieu le 26 février. Pour l’occasion, les Dembélé, cette sympathique famille qui nous héberge à Koutiala depuis trois semaines déjà, se sont procurés trois vieux coqs.
Trois nouveaux arrivants se sont donc ajoutés, pour quelques jours, à la liste des animaux présents dans la cour familiale et qui se résume à peu près à ceci : cinq ou six chèvres, trois ou quatre poules et une dizaine de pigeons.
Je me suis tout de suite lié d’amitié à l’un de ces trois coqs qui se démarquait par son style flamboyant et son chant « pavarottesque ». À un point tel que je l’ai affectueusement baptisé Jimmy.
Malheureusement, Jimmy et moi n’avons pas eu le temps d’apprendre à nous connaître puisque, 24 heures après son arrivée, quelqu’un – ne me demandez pas qui – l’a égorgé en même temps que ses deux comparses que j’avais pris la peine de baptiser Bob et Mike.
Quelques heures après ces terribles évènements, Jimmy est revenu dans ma vie, ou plutôt dans mon assiette, confortablement installé sur un « lit » de patates frites.
Ai-je eu le courage de manger Jimmy ? Me demanderez-vous.
… (points de suspense)
La réponse est oui et sachez, chers lecteurs et lectrices, que je l’ai fait sans aucun remord. Manger un bon poulet rôti, si Jimmy soit-il, m’a permis de varier un peu mon alimentation qui, ces jours-ci, est essentiellement constituée de riz accompagné de sauces diverses.
Malgré cette absence de remord au moment d’ingérer mon ami à plumes, qui les avait perdues quelques heures auparavant, n’allez pas croire que sa disparition me laisse indifférent. Ce billet n’a d’autre but que de lui rendre hommage.
Sans plus attendre, recueillons-nous sur sa photo tout en écoutant son chant!







